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Cette page contient les réponses aux questions posées par e-mail. Dernière mise à mise à jour : 14 août 2001
Sommaire des questions : Nouveau *L'humanité continuera-t-elle toujours de progresser ?* … il faut … qu'il y ait eu des facteurs décisifs ... qui ait choisi de créer l'univers. * Echange d'E-mail (11 en tout) entre Alexandre et Jean-Pierre Burri : - … un temps hypothétique. - … dans les conséquences morales je trouve "la réincarnation" un peu naïve. - … le pas science-philosophie est franchissable (…), le pas science-religion ne l'est pas. - … possible d'arriver à une morale satisfaisante sans passer par la foi. - … votre thèse, a-t-elle un rapport, même éloigné, avec la naissance de la vie ? - … la vie a ses chances ailleurs… * ... vous ne pouvez plus croire aux religions du Dieu en dualité, ... * ... pourquoi rejeter que l'univers peut être infini ? * Pour quelles raisons avez-vous composé la philosophie du Big Bang ? * ... je crois beaucoup en Dieu et au Paradis, ... * La foi est donc nécessaire (je pense à Kant) (Valentin 1). * Big-bang à répétition, oui ou non ? (Valentin 2). * En simplifiant, il n y a plus de "+" ni de "-" (Valentin 3). * Rien n'exclut que la perception d'un homme soit dépassée par une notion réelle. * ... il y a un paradoxe dans votre théorie. * Lorsque nous mourrons, passe-t-on de l'univers au monde réel…? * … pour FORMER un tout, et non pas pour se fondre dans la masse du tout. * … j'ai peur de mourir. Comprenez-vous ? * Le monde réel est et reste un absolu,... * ... que pensez-vous du voyage dans le temps ? * ...l'immensité glaciale des ténèbres. * ... l'infini même en mathématique... * ... savoir ce qui se passait auparavant... * Croyez-vous à l'indéterminisme ? *... le Big Bang ne peut être à l'origine du temps et de l'espace. * Imaginer qu'elle (l'humanité) pourra maîtriser l'univers est une utopie. * ... nous ne connaîtrons jamais le début des temps... * ... (la) matière... évolue de façon aléatoire ? * ... notre esprit... est-il une simple organisation éphémère de neurones ? * ... fini... infini... plein... vide... * ... théorie... limitée par la matérialité...? * ... quelle est notre origine commune ? * Je ne comprends pas que l'espace et le temps soient générés par le Big Bang. * ... la théorie du Big Bang confirme la vision d'un commencement et d'une fin, ... * Qu'est-ce que la doctrine bouddhiste peut apporter à la philosophie du Big Bang ? * Peut-être notre Univers n'est-il pas seul. * Le mot "réel" me paraît à lui seul appeler de nombreuses réserves.
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Questions de M. R. : L'humanité continuera-t-elle toujours de progresser ?
Réponse à M. R. : L'humanité et ses successeurs continueront presque certainement d'augmenter leurs connaissances et donc leur pouvoir. Par contre, la justice, la liberté, la démocratie et le bien-être matériel pour la majorité vont presque certainement disparaître, séparément ou tous ensemble, pour des périodes plus ou moins longues. Jean-Pierre Burri
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J'ai parcouru avec un immense intérêt votre site. Je vais l'ajouter au plus vite à la liste de liens de mon propre site que je vous invite d'ailleurs à visiter : http://site.voila.fr/changer_le_mondeFantastique, vous dites des choses que je pensais depuis longtemps ! Votre philosophie va bien dans le sens d'une amélioration des choses sur Terre. Ne vous perdez donc pas dans les étoiles ! Votre style est très correct, et je n'ai noté qu'une seule erreur de syntaxe: " on y arrivera jamais " s'écrit " on n'y arrivera jamais ". 1. " Pourquoi l'univers existe-t-il ? " 2. C'est pourquoi je reste incrédule et inquiet devant votre désir que l'humanité rejoigne un jour le " monde réel ", qui pour vous désigne paradoxalement le sur-monde, le monde extérieur, peut-être le monde des idées de Platon. L'un antérieur au big bang qui est sa manifestation matérielle. Que voulez-vous dire par-là ? Ne désirez-vous pas que l'humanité vive heureuse sur Terre, bien ancrée dans le monde matériel, bien que ne se privant pas de la joie du détachement, de la philosophie et de la spiritualité ? 3. Moi aussi, j'ai remis en doute le libre-arbitre, à un moment. Mais j'ai toujours en mémoire les découvertes hallucinantes de la mécanique quantique, et puis surtout je suis comme vous : même si ma liberté n'est qu'une illusion, je l'exerce ! 4. Et d'ailleurs, et ce sera mon dernier point, je trouve que notre libre-arbitre nous conduit à nous obliger nous-même d'améliorer les choses sur Terre. C'est le point le plus délicat, mais le plus essentiel. Bigbanguesquement.
Réponse à Damien : 1) Pourquoi l'univers existe-t-il? Selon moi, l'univers fini a besoin d'une cause et cette cause se trouve à l'extérieur de l'univers, hors de l'espace-temps. Le problème est que l'extérieur est sans dimensions, donc impensable, incalculable. Aucun raisonnement ne s'applique là. C'est extrêmement frustrant mais c'est ainsi. 2) "Ne désirez-vous pas que l'humanité vive heureuse sur terre?" Bien sûr que si, de toutes mes forces, mais ce n'est pas possible dans l'absolu puisque l'univers est temporaire et qu'il est haché par l'espace-temps. Ceci dit, j'ai toujours travaillé et je continuerai de le faire pour améliorer nos conditions ici et maintenant. 3) OK 4A) Espéranto. Étant adolescent, j'avais suivi des cours de cette langue universelle. 4B) "La mondialisation va égaliser les revenus sur toute la planète". C'est un fait de science économique, qui n'est plus contesté que par la rue ignorante ou égoïste, que les pays qui se sont ouverts au commerce international se sont développés de façon fantastique alors que ceux qui ont choisi de ne développer que leur marché intérieur ont stagné. Dans les premiers, on trouve le Japon, la Corée du Sud, Taiwan, Hong Kong, Singapour et dans le deuxième l'Inde, le Pakistan, La Birmanie et toute l'Afrique. Jean-Pierre Burri
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E-mail 1 d'Alexandre : Je viens de découvrir votre site... idées intéressantes néanmoins rapidement 2 questions importantes :
Pourquoi l'Univers serait-il fini dans le temps ? La Physique moderne ne répond pas a cette question : la fin de l'Univers n'est pas prévisible dans l'état actuel des connaissances. Le Big-crunch n'est qu'une hypothèse... De plus rien n'indique que le temps n'existe pas hors de l'Univers. Je suis d'accord pour les grandes dimensions (les limites) mais pourquoi l'infiniment petit ? L'infiniment petit est dans notre univers il n'a donc pas de lien avec le "monde réel". Merci,
E-mail 2 de Jean-Pierre Burri : "La fin de l'univers n'est pas prévisible dans l'état actuel de nos connaissances." "Rien n'indique que le temps n'existe pas en dehors de l'univers." "...et aussi à chaque point de l'espace vers l'infiniment petit." Jean-Pierre.
E-mail 3 d'Alexandre : Je suis d'accord que l'espace et le temps sont lies et qu'un espace fini implique un temps fini. Néanmoins, votre phrase "l'Univers étant fini dans le temps" implique une fin du temps et donc de l'espace. Or si l'Univers est ouvert, l'espace et le temps seront en expansion perpétuelle. Dans ce cas comment retrouverons nous le "monde extérieur ?" Autrement dit, votre conception me parait s'accorder uniquement avec un Univers ferme... mais je me trompe peut-être... Vous dites : "Rien n'indique que le temps n'existe pas en dehors de l'univers. Si la théorie du big bang est juste et que l'univers était infiniment petit au point 0, alors le temps disparaît aussi, avec l'espace." Je ne vois pas encore dans quelles mesures les cordes cosmiques constituent un lien avec le monde extérieur... mais je vais y réfléchir ! Vos idées sont intéressantes et rafraîchissantes. Etes vous le pionnier de Alexandre.
E-mail 4 de Jean-Pierre Burri : "Comment retrouverons-nous le monde extérieur ?" "Les cordes cosmiques constituent un lien avec l'extérieur". "Etes-vous le pionnier de cette philosophie ?". Jean-Pierre.
E-mail 5 d'Alexandre : Votre 4eme hypothèse est très belle mais je reste sceptique en ce qui concerne la finitude du temps telle qu'énoncée dans la 2eme hypothèse... Autres remarque : dans les conséquences morales je trouve "la réincarnation" un peu naïve : La terminologie "réincarne" implique pour moi une transmission directe de quelque chose. Or seule l'ŒUVRE des hommes est transmise et c'est très indirectement (comme vous le dites d'ailleurs). Je suis donc gêné par le terme (mais pas par l'idée). Dernière question : Avez vous des interactions avec des scientifiques ? Alexandre.
E-mail 6 de Jean-Pierre Burri : Finitude du temps. Il est normal que vous soyez sceptique. Je n'attends pas que mes lecteurs avalent toutes mes idées comme un verre d'eau. Les idées philosophiques se digèrent au fil des ans. Réincarnation naïve. Je ne suis pas très satisfait moi-même de la façon dont je m'exprime à ce sujet. J'essaie de parvenir à de meilleures descriptions avec l'aide de mes lecteurs, ce que vous avez admirablement fait. Interaction avec des scientifiques. J'ai fait des études de sciences politiques et je ne suis donc pas physicien, hélas, car ça m'aiderait aujourd'hui. Je fais tout ce que je peux pour me tenir au courant des dernières découvertes. Il faudrait à ce site un physicien et un mathématicien qui auraient de la sympathie pour les idées exprimées (sans être obligatoirement d'accord avec toutes) et qui pourraient répondre lorsque des questions techniques arrivent. C'est une invitation ouverte et si vous êtes intéressé vous serez le bienvenu. Votre adresse Internet donne l'impression que vous êtes en Angleterre, dans le département de physique théorique d'une université. Est-ce exact ? A bientôt,
E-mail 7 d'Alexandre : C'est exact, mon adresse électronique est un véritable CV ! Je suis actuellement en post-doctorat après une thèse en astrochimie. Ma recherche est éloignée de la cosmologie mais comme beaucoup de physiciens l'histoire de l'Univers m'intéresse. Vous savez sans doute qu'un physicien ne reçoit pas de formation en philosophie, ce qui est regrettable. Des cours de philosophie des sciences sont néanmoins donnés dans certaines universités. De plus, si le big-bang est largement commenté dans la littérature, ce n'est jamais vraiment de façon philosophique. C'est pour cette raison que votre idée est intéressante en tant que telle. Aucun étudiant physicien ne serait choqué par un cours de philosophie du big-bang, de la mécanique quantique, de la gravité quantique, etc... Cependant, a mon avis, vous allez bien au-delà de ce qu'un scientifique peut tirer de philosophique de la science. Pour cette raison, vous aurez probablement du mal a vous allier avec un pur scientifique qui ne franchira pas certaines limites. Personnellement je ne vous serai d'aucune aide car je manque clairement de compétences a la fois en cosmologie et en philosophie. Je suis comme vous il y a 45 ans. Je suis également convaincu du fait que si le pas science-philosophie est franchissable (et il le doit), le pas science-religion ne l'est pas. La science ne dit pas que notre vie a un sens. Votre philosophie du big-bang est donc a mon sens une philosophie "personnelle" du big-bang, voire une religion du big-bang (cf. 4eme hypothèse). Elle n'en reste évidemment pas moins intéressante. Il reste à mettre clairement les limites entre ce que montre la science et ce qu'on aimerait qu'elle signifie... Mais nous sommes probablement d'accord sur ce point. Bref, il est certain que votre site gagnerait a préciser certains points (dans les hypothèses générales) critiques pour un physicien. Vous pourriez peut être envoyer l'adresse de votre site a certains spécialistes de cosmologie pour voir leur réaction... Les astrophysiciens s'intéressent généralement aussi a la philosophie. Je vais de mon cote chercher s'il existe d'autres choses philosophiques sur le big-bang. J'en recherche également sur la mécanique quantique... Je vous tiendrai évidemment au courant. Alexandre.
E-mail 8 de Jean-Pierre Burri : "Vous aurez probablement du mal à vous allier avec un pur scientifique...". "Le pas science-religion n'est pas franchissable". "...une religion du Big Bang, 4ème hypothèse". "Bref, il est certain que votre site gagnerait a préciser certains points (dans les hypothèses générales) critiques pour un physicien." A bientôt,
E-mail 9 d'Alexandre : "Le pas science-religion n'est pas franchissable. Je suis d'accord avec vous parce que tout l'effort de la philosophie du Big Bang est de démontrer qu'il est possible d'arriver à une morale satisfaisante sans passer par la foi." "...une religion du Big Bang, 4hme hypothèse. Ici je proteste avec énergie. La quatrième hypothèse est basée sur le fait que l'humanité progresse depuis deux millions et demi d'années, et qu'il n'y a pas de raisons que ça s'arrête, et sur le fait que l'univers est malléable. Il y a un raisonnement, pas la foi! C'est en quelque sorte le principe anthropique qui est élargi. Ceci est important, qu'en pensez-vous?" "Préciser certain point. Avez-vous des suggestions?" Alexandre.
E-mail 10 de Jean-Pierre Burri : A mon tour de vous poser une question sur votre thèse. A-t-elle un rapport, même éloigné, avec la naissance de la vie ? En peu de mots, qu'avez-vous trouvé? A bientôt,
E-mail 11 d'Alexandre : Effectivement ma thèse avait un lointain rapport avec cela puisqu'elle concernait l'étude de molécules impliquées dans l'apparition de la vie. Néanmoins, rien de philosophique la dedans, mon travail était de la pure chimie-physique. Par contre, ce que beaucoup de scientifiques pensent aujourd'hui, c'est que l'apparition de la vie sur la Terre a probablement été aidée par l'apport de premiers acides amines ("briques" du vivant) provenant de l'espace interstellaire. Bien qu'aucun de ces acides amines n'ai été détecté dans l'espace de façon certaine a ce jour, tout porte a croire qu'ils peuvent s'y former. Ils auraient ainsi pu être déjà présent dans la nébuleuse pré-solaire puis échouer sur notre planète par l'intermédiaire des météorites. Beaucoup de gens travaillent actuellement sur ce scénario... (avez vous entendu parler de André Brahic ?) En ce qui concerne la philosophie, ce que j'en conclus est que les briques de la vie sont probablement présentes dans tous l'Univers, attendant uniquement une planète "accueillante" pour s'y développer... Il semble aujourd'hui que peu d'endroits dans l'Univers soit accueillants. On pourrait aussi dire que la vie est délicate et que les conditions qu'elle nécessite sont extrêmement rares. Tout dépend alors de ses convictions personnelles. En tous les cas, si l'on suppose que la Terre n'est pas une exception de l'Univers, mais au contraire que la vie a pu ou pourra se développer ailleurs, alors peu importe qu'un astéroïde, l'homme ou autre chose détruise notre planète dans l'avenir, la vie a ses chances ailleurs... Alexandre.
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J'aimerais beaucoup vous faire admettre une autre chose, essentielle pour moi. Réfléchissez bien là-dessus, je vous en prie. Vous ne pouvez plus confirmer toutes les grandes religions sans distinction, sans réserves expresses. Site d'André : http://altern.org/disilexiE-mail : achollet@infomaniak.ch
Réponse à André : Dieu ne s'est jamais présenté aux hommes et ne leur a pas demandé de faire ceci ou cela. Tout est sorti de l'esprit des hommes, comme le monde réel est sorti du mien. L'idée de Dieu que les hommes avaient au temps de la Bible correspondait à l'idée qu'ils avaient du cosmos. Ce qui est semblable à la Bible, dans la philosophie du Big Bang, c'est que l'univers est fini dans le temps, qu'il vient du monde réel (Dieu) et qu'il y retournera. Comme dans la Bible, je dis que nous étions mieux dans le monde réel et que nous serons mieux quand nous y serons retournés. Comme dans la Bible, je dis qu'il faut aimer son prochain. Voilà les éléments qui me semblent importants. Ceci dit, je ne crois pas à l'existence du diable pas plus qu'à un jugement dernier qui mettraient les bons d'un côté et les mauvais (l'écrasante majorité) de l'autre. L'enfer est ici et maintenant. Il a l'avantage, par rapport à celui de la Bible, d'être temporaire et d'offrir des bons moments, comme lorsque j'écris à mon ami André. J'ai dit que la philosophie du Big Bang confirmait les grandes religions dans ce qu'elles avaient d'ESSENTIEL. Cela signifie qu'il y a un considérable travail d'élagage à faire dans chacune d'entre elles. Jean-Pierre Burri
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J'ai lu avec un grand intérêt votre théorie qui, il faut bien le reconnaître, est plutôt cohérente avec elle-même si l'on admet que les hypothèses de départ sont justes. Or quelque chose m'a choqué dans une de vos réponses : votre théorie se base sur le fait que l'univers est fini, bien qu'il puisse exister un nombre fini d'univers parallèles. Vous dites à ce propos (réponse à Funboy) : Très bien, je propose qu'il existe n univers disjoints (parallèles). Alors vous acceptez l'idée qu'il est possible qu'il en existe n+1, 10*n ou n^1000000000. J'applique mots pour mots votre phrase. Et c'est la définition au sens mathématique de l'infini ! Pour tout n, il existe un n plus grand. De toutes manières, il est inutile de recourir à un nombre fini d'univers pour avoir les "absurdités" dont vous parlez. Si l'on admet que l'homme n'est qu'un assemblage fini de ses particules élémentaires (ce qui je crois est votre avis), alors au bout de n univers parallèles, n assez grand, une configuration identique à la mienne apparaîtra et j'aurais donc un sosie vivant au même instant dans les même conditions que moi. Pour n encore plus grand, on trouvera 2,3,10, sosies, etc. Conclusion : Votre théorie rejette l'infini de l'univers, mais admet qu'il peut être aussi grand que l'on veut. Contradiction ! A mon humble avis pour que votre théorie soit plus correcte, il faut rejeter l'existence d'autres univers. Mais je pense qu'il est probable qu'ils existent, malheureusement. Et comme il n'y a aucune raison pour qu'il y en ait un nombre donné, pourquoi rejeter que l'univers peut être infini ?
Réponse à Fabien Benoit : Pour dissiper tout malentendu, je tiens à dire que je nie pas l'infini ! Pour moi, le monde réel qui est non calculable, donc non mesurable, est par définition infini. Ce qui est fini c'est l'univers calculable, qui englobe tout ce que nous pouvons comprendre plus des univers parallèles hypothétiques mais calculables eux aussi. Il ne suffit pas de dire que pour tout n, il existe un n plus grand pour avoir l'illusion confortable qu'on a résolu le problème de l'infini. Pour moi, le nombre le plus grand possible est celui qu'on calculerait dès aujourd'hui avec l'ordinateur le plus rapide jusqu'à la fin de l'univers dans x milliards d'années. Il serait assurément très grand, mais pas infini. Ces considérations m'ont amené à penser qu'on ne construisait pas un univers infini avec des parties finies. L'infini ne peut être fait que d'infini. Je ne vois donc pas de contradictions dans mon exposé. L'univers peut être aussi grand que vous voulez, soit, mais vous ne pourrez jamais décrire, calculer, un univers infini, parce qu'il n'existe pas. Si l'univers était infini, la philosophie du Big Bang s'écroulerait en entier, avec notamment la morale qu'elle dégage. (L'avez-vous lue ?) Jean-Pierre Burri
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En lisant la philosophie du Big Bang que vous proposez, celle, au fond, d'un univers complètement fini, je trouve d'une part que vous fondez la complétude de la finition de l'univers au niveau macrocosmique sur la finitude, que vous supposez, de ses parties. Vous en arrivez ainsi à former l'hypothèse d'un monde extérieur, pourtant présent partout dans l'univers issu du Big Bang. Mais, votre argumentation fait surgir quelques questions :
Réponse à D. M. :
Vos commentaires et questions me font penser que vous connaissez bien la philosophie. J'aimerais que vous me donniez votre avis sur mes réponses et que nous continuions notre dialogue encore un moment. Jean-Pierre Burri
Commentaires de D. M. : Je vais donner un avis, comme vous l'avez demandé sur les réponses que vous m'avez données. ... Votre définition de l'univers fini est : "Tout ce qui est calculable". Et comme tout dans l'univers est calculable, alors l'univers est fini. En choisissant d'appréhender le "fini" par le "calculable", avez-vous voulu faire un choix méthodologique théorique ? Votre définition me semble ne comprendre l'univers que sous l'angle quantifiable, et votre concept de "fini" signifie dès lors "limité", et reste dans l'ordre du mesurable, du mathématisable. Ce choix peut être fécond quand on cherche à mettre sur pied une réflexion seconde qui part des résultats empiriques de la science, ici, de l'astrophysique, mais il ne devrait pas prétendre à l'exhaustivité. Dans la définition II de l'Ethique démontrée selon l'Ordre Géométrique, B. Spinoza écrit : "Est finie en son genre, la chose qui peut être bornée par une autre de même nature. Par ex. un corps est dit fini, parce que nous en concevons toujours un autre plus grand. De même, une pensée est bornée par une autre pensée. Mais un corps n'est pas borné par une pensée, ni une pensée par un corps." En prenant cette définition de Spînoza avec les nuances nécessaires, on peut poser la question de savoir quelle serait la nature de cette cause extérieure à l'univers ? Et comme Aristote qui s'interrogeait sur la nature de la cause efficiente première, cette cause serait-elle matérielle ou non-matérielle, de la même nature que l'univers ou non, et en quel sens est-elle cause ? Aristote peut aider à trouver une série de conceptions de la causalité (cf.Physiques, Métaphysiques), et saint Thomas d'Aquin qui fait un bon commentaire d'Aristote, surtout quand il conçoit les fameuses preuves de l'existence de Dieu. La recherche même d'une cause extérieure à l'univers n'est-elle pas un piège ? N'est-ce pas le fait de notre habitude perceptive ? (David Hume avec sa critique de la causalité, qui a beaucoup inspiré Kant : Critique de la raison pure, 2°partie, 2°division : dialectique transcendantale, livre 2°, chapitre 2 : antinomie de la raison pure, 1e section : système des idées cosmologiques). Le modèle de l'univers que propose la théorie du Big Bang n'est-il pas un modèle parmi plusieurs autres modèles de l'univers ? . Certes la science astrophysique moderne semble s'être appropriée ce modèle de Georges Lemaitre. Vous dites que vous n'avez jamais eu la foi et que, cependant, vous cherchez la vérité à partir de la science et du raisonnement. On peut ne pas professer une foi explicite, mais en vivant dans un milieu constitué par une foi donnée, on finit, même inconsciemment, par épouser certaines catégories que véhicules cette foi. Mais cela n'est pas directement important. Philosophie de type platonicien ? Je suis d'accord avec la réponse que vous m'aviez donnée. Je constate qu'elle procède méthodologiquement de façon aristotélicienne, pour conclure sur le modèle platonicien. L'objectivité totale n'existe pas. A première vue, je suis d'accord. Ce que je peux appeler "révolution phénoménologique" en philosophie, avec Husserl, montre suffisamment que la vérité, même celle de la science, dépend le plus souvent de l'intentionnalité de celui qui élabore une hypothèse ou une théorie données. Je parle d'avantage de l'intentionnalité opérante et de l'intentionnalité d'acte. Husserl disait que l'objectivité était un accord de subjectivité. Maurice Merleau-Ponty dirait qu'elle est le géométral par lequel se recoupe nos perspectives perceptives. La vérité de la science expérimentale consiste dans l'accord entre une formule, une loi ou une théorie données avec les résultats de la vérification expérimentale. La vérité à laquelle on conclut de cette sorte correspond à une des définitions scolastiques de la vérité : "accord de l'intelligence et de l'objet", comprise comme "conformité de l'intelligence à l'objet" (c'est la vérité des êtres finis). La vérité divine étant "la conformité de l'objet avec l'intelligence". Votre définition du temps correspond plus ou moins à celle qu'en donne Aristote (cf. Physiques) : "le temps est la mesure du mouvement selon le nombre". Mais si la définition d'Aristote garde quelque valeur, on peut se demander si, gardant l'infinité de principe pour le nombre, le temps qui se comprend selon "le nombre" et le mouvement n'acquiert pas une nouvelle dimension qui, à quelque titre, l'empêcherait d'être purement et simplement fini comme ce dont il est la mesure, à considérer que l'univers soit effectivement fini.
Réponse à D. M. :
A bientôt. Jean-Pierre Burri
Commentaires de D. M. : Merci pour les réponses. J'ai finalement lu ce que vous proposez comme morale qui serait fondée sur la philosophie du Big Bang, j'ai lu aussi certaines réactions de personnes qui ont lu cette philosophie. Je peux vous assurer que c'est une bonne entreprise, qu'elle mérite d'être poursuivie, que les thèses soient approfondies et que le résultat final soit publié pour le grand public. Je suis d'accord avec la plupart de vos thèses, mais elles nécessitent encore quelques clarifications et, comme je venais de le dire, un approfondissement. Je constate que ce que vous appelez morale de la philosophie du Big Bang est tout simplement une ontologie de l'être fini, avec des conséquences éthiques. Ce qui me réjouit le plus, c'est le respect de l'exigence philosophique d'une recherche qui ne démissionne pas, et qui ne propose pas de réponses prétendument définitives, parfois très idéologiques, comme le font les différentes religions, surtout les religions monothéistes, qui, par nature, sont intolérantes. Toutefois, je dois reconnaître que les concepts de fini et d'infini ne sont pas encore clairement établis, et que certaines prises de position morale sont tout simplement discutables, au moins à l'heure actuelle, (la question de la mondialisation par exemple où vous faites montre d'un optimisme que les faits semblent démentir ; votre conception du progrès humain...). Si les religions se disputent, c'est parce qu'elles n'arrivent pas à percevoir leur essentiel, qu'elles confondent l'aspect culturel historique de leur constitution avec la recherche du sens de l'existence, qu'elles prétendent avoir une réponse définitive à toute question, dans presque tous les domaines de l'existence humaine et du monde, et en cela, elles se trompent. N'oublions pas, pour comprendre leur attitude, le rôle historique qu'elles ont joué dans la constitution des Etats modernes. Je reviendrai aussi sur l'aspect proprement et scientifique de la question qui nous occupe. Je suis très heureux d'avoir fait votre connaissance, et de l'entretien que nous tenons depuis peu. A la fois prochaine,
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Pour quelles raisons avez-vous composé la philosophie du Big Bang ? A. B.
Réponse à A. B. : J'ai toujours été préoccupé, depuis le début de mon adolescence, par cette question : La philosophie du Big Bang est donc un essai d'arriver à la vérité par la science et le raisonnement et d'en dégager une morale (avez-vous lu "Les conséquences morales de la philosophie du Big Bang" en cliquant en haut à gauche de la première page ?). C'est une philosophie qui part du big bang. Elle est la première à mon sens à incorporer les notions de temps et d'espace qu'on trouve dans la théorie de la relativité. C'est en quelque sorte un retour aux pré-socratiques avec des connaissances scientifiques largement plus répandues. Jean-Pierre Burri
Suite des réponses aux questions posées par E-mail.
Débat avec Laurent Ghyselinck. Réponses aux questions posées par les personnes de langue anglaise. Important : Les conséquences morales de la philosophie du Big Bang.E-mail: info@BigBang.org |