|
Cette page contient les réponses aux questions posées par e-mail. Dernière mise à mise à jour : 15 mai 2000
Sommaire des questions : Nouveau * Echange d'E-mail (11 en tout) entre Alexandre et Jean-Pierre Burri : - … un temps hypothétique. - … dans les conséquences morales je trouve "la réincarnation" un peu naïve. - … le pas science-philosophie est franchissable (…), le pas science-religion ne l'est pas. - … possible d'arriver à une morale satisfaisante sans passer par la foi. - … votre thèse, a-t-elle un rapport, même éloigné, avec la naissance de la vie ? - … la vie a ses chances ailleurs… * ... vous ne pouvez plus croire aux religions du Dieu en dualité, ... * ... pourquoi rejeter que l'univers peut être infini ? * Pour quelles raisons avez-vous composé la philosophie du Big Bang ? * ... je crois beaucoup en Dieu et au Paradis, ... * La foi est donc nécessaire (je pense à Kant) (Valentin 1). * Big-bang à répétition, oui ou non ? (Valentin 2). * En simplifiant, il n y a plus de "+" ni de "-" (Valentin 3). * Rien n'exclut que la perception d'un homme soit dépassée par une notion réelle. * ... il y a un paradoxe dans votre théorie. * Lorsque nous mourrons, passe-t-on de l'univers au monde réel…? * … pour FORMER un tout, et non pas pour se fondre dans la masse du tout. * … j'ai peur de mourir. Comprenez-vous ? * Le monde réel est et reste un absolu,... * ... que pensez-vous du voyage dans le temps ? * ...l'immensité glaciale des ténèbres. * ... l'infini même en mathématique... * ... savoir ce qui se passait auparavant... * Croyez-vous à l'indéterminisme ? *... le Big Bang ne peut être à l'origine du temps et de l'espace. * Imaginer qu'elle (l'humanité) pourra maîtriser l'univers est une utopie. * ... nous ne connaîtrons jamais le début des temps... * ... (la) matière... évolue de façon aléatoire ? * ... notre esprit... est-il une simple organisation éphémère de neurones ? * ... fini... infini... plein... vide... * ... théorie... limitée par la matérialité...? * ... quelle est notre origine commune ? * Je ne comprends pas que l'espace et le temps soient générés par le Big Bang. * ... la théorie du Big Bang confirme la vision d'un commencement et d'une fin, ... * Qu'est-ce que la doctrine bouddhiste peut apporter à la philosophie du Big Bang ? * Peut-être notre Univers n'est-il pas seul. * Le mot "réel" me paraît à lui seul appeler de nombreuses réserves.
=================***=================
E-mail 1 d'Alexandre : Je viens de découvrir votre site... idées intéressantes néanmoins rapidement 2 questions importantes :
Pourquoi l'Univers serait-il fini dans le temps ? La Physique moderne ne répond pas a cette question : la fin de l'Univers n'est pas prévisible dans l'état actuel des connaissances. Le Big-crunch n'est qu'une hypothèse... De plus rien n'indique que le temps n'existe pas hors de l'Univers. Je suis d'accord pour les grandes dimensions (les limites) mais pourquoi l'infiniment petit ? L'infiniment petit est dans notre univers il n'a donc pas de lien avec le "monde réel". Merci,
E-mail 2 de Jean-Pierre Burri : "La fin de l'univers n'est pas prévisible dans l'état actuel de nos connaissances." "Rien n'indique que le temps n'existe pas en dehors de l'univers." "...et aussi à chaque point de l'espace vers l'infiniment petit." Jean-Pierre.
E-mail 3 d'Alexandre : Je suis d'accord que l'espace et le temps sont lies et qu'un espace fini implique un temps fini. Néanmoins, votre phrase "l'Univers étant fini dans le temps" implique une fin du temps et donc de l'espace. Or si l'Univers est ouvert, l'espace et le temps seront en expansion perpétuelle. Dans ce cas comment retrouverons nous le "monde extérieur ?" Autrement dit, votre conception me parait s'accorder uniquement avec un Univers ferme... mais je me trompe peut-être... Vous dites : "Rien n'indique que le temps n'existe pas en dehors de l'univers. Si la théorie du big bang est juste et que l'univers était infiniment petit au point 0, alors le temps disparaît aussi, avec l'espace." Je ne vois pas encore dans quelles mesures les cordes cosmiques constituent un lien avec le monde extérieur... mais je vais y réfléchir ! Vos idées sont intéressantes et rafraîchissantes. Etes vous le pionnier de Alexandre.
E-mail 4 de Jean-Pierre Burri : "Comment retrouverons-nous le monde extérieur ?" "Les cordes cosmiques constituent un lien avec l'extérieur". "Etes-vous le pionnier de cette philosophie ?". Jean-Pierre.
E-mail 5 d'Alexandre : Votre 4eme hypothèse est très belle mais je reste sceptique en ce qui concerne la finitude du temps telle qu'énoncée dans la 2eme hypothèse... Autres remarque : dans les conséquences morales je trouve "la réincarnation" un peu naïve : La terminologie "réincarne" implique pour moi une transmission directe de quelque chose. Or seule l'ŒUVRE des hommes est transmise et c'est très indirectement (comme vous le dites d'ailleurs). Je suis donc gêné par le terme (mais pas par l'idée). Dernière question : Avez vous des interactions avec des scientifiques ? Alexandre.
E-mail 6 de Jean-Pierre Burri : Finitude du temps. Il est normal que vous soyez sceptique. Je n'attends pas que mes lecteurs avalent toutes mes idées comme un verre d'eau. Les idées philosophiques se digèrent au fil des ans. Réincarnation naïve. Je ne suis pas très satisfait moi-même de la façon dont je m'exprime à ce sujet. J'essaie de parvenir à de meilleures descriptions avec l'aide de mes lecteurs, ce que vous avez admirablement fait. Interaction avec des scientifiques. J'ai fait des études de sciences politiques et je ne suis donc pas physicien, hélas, car ça m'aiderait aujourd'hui. Je fais tout ce que je peux pour me tenir au courant des dernières découvertes. Il faudrait à ce site un physicien et un mathématicien qui auraient de la sympathie pour les idées exprimées (sans être obligatoirement d'accord avec toutes) et qui pourraient répondre lorsque des questions techniques arrivent. C'est une invitation ouverte et si vous êtes intéressé vous serez le bienvenu. Votre adresse Internet donne l'impression que vous êtes en Angleterre, dans le département de physique théorique d'une université. Est-ce exact ? A bientôt,
E-mail 7 d'Alexandre : C'est exact, mon adresse électronique est un véritable CV ! Je suis actuellement en post-doctorat après une thèse en astrochimie. Ma recherche est éloignée de la cosmologie mais comme beaucoup de physiciens l'histoire de l'Univers m'intéresse. Vous savez sans doute qu'un physicien ne reçoit pas de formation en philosophie, ce qui est regrettable. Des cours de philosophie des sciences sont néanmoins donnés dans certaines universités. De plus, si le big-bang est largement commenté dans la littérature, ce n'est jamais vraiment de façon philosophique. C'est pour cette raison que votre idée est intéressante en tant que telle. Aucun étudiant physicien ne serait choqué par un cours de philosophie du big-bang, de la mécanique quantique, de la gravité quantique, etc... Cependant, a mon avis, vous allez bien au-delà de ce qu'un scientifique peut tirer de philosophique de la science. Pour cette raison, vous aurez probablement du mal a vous allier avec un pur scientifique qui ne franchira pas certaines limites. Personnellement je ne vous serai d'aucune aide car je manque clairement de compétences a la fois en cosmologie et en philosophie. Je suis comme vous il y a 45 ans. Je suis également convaincu du fait que si le pas science-philosophie est franchissable (et il le doit), le pas science-religion ne l'est pas. La science ne dit pas que notre vie a un sens. Votre philosophie du big-bang est donc a mon sens une philosophie "personnelle" du big-bang, voire une religion du big-bang (cf. 4eme hypothèse). Elle n'en reste évidemment pas moins intéressante. Il reste à mettre clairement les limites entre ce que montre la science et ce qu'on aimerait qu'elle signifie... Mais nous sommes probablement d'accord sur ce point. Bref, il est certain que votre site gagnerait a préciser certains points (dans les hypothèses générales) critiques pour un physicien. Vous pourriez peut être envoyer l'adresse de votre site a certains spécialistes de cosmologie pour voir leur réaction... Les astrophysiciens s'intéressent généralement aussi a la philosophie. Je vais de mon cote chercher s'il existe d'autres choses philosophiques sur le big-bang. J'en recherche également sur la mécanique quantique... Je vous tiendrai évidemment au courant. Alexandre.
E-mail 8 de Jean-Pierre Burri : "Vous aurez probablement du mal à vous allier avec un pur scientifique...". "Le pas science-religion n'est pas franchissable". "...une religion du Big Bang, 4ème hypothèse". "Bref, il est certain que votre site gagnerait a préciser certains points (dans les hypothèses générales) critiques pour un physicien." A bientôt,
E-mail 9 d'Alexandre : "Le pas science-religion n'est pas franchissable. Je suis d'accord avec vous parce que tout l'effort de la philosophie du Big Bang est de démontrer qu'il est possible d'arriver à une morale satisfaisante sans passer par la foi." "...une religion du Big Bang, 4hme hypothèse. Ici je proteste avec énergie. La quatrième hypothèse est basée sur le fait que l'humanité progresse depuis deux millions et demi d'années, et qu'il n'y a pas de raisons que ça s'arrête, et sur le fait que l'univers est malléable. Il y a un raisonnement, pas la foi! C'est en quelque sorte le principe anthropique qui est élargi. Ceci est important, qu'en pensez-vous?" "Préciser certain point. Avez-vous des suggestions?" Alexandre.
E-mail 10 de Jean-Pierre Burri : A mon tour de vous poser une question sur votre thèse. A-t-elle un rapport, même éloigné, avec la naissance de la vie ? En peu de mots, qu'avez-vous trouvé? A bientôt,
E-mail 11 d'Alexandre : Effectivement ma thèse avait un lointain rapport avec cela puisqu'elle concernait l'étude de molécules impliquées dans l'apparition de la vie. Néanmoins, rien de philosophique la dedans, mon travail était de la pure chimie-physique. Par contre, ce que beaucoup de scientifiques pensent aujourd'hui, c'est que l'apparition de la vie sur la Terre a probablement été aidée par l'apport de premiers acides amines ("briques" du vivant) provenant de l'espace interstellaire. Bien qu'aucun de ces acides amines n'ai été détecté dans l'espace de façon certaine a ce jour, tout porte a croire qu'ils peuvent s'y former. Ils auraient ainsi pu être déjà présent dans la nébuleuse pré-solaire puis échouer sur notre planète par l'intermédiaire des météorites. Beaucoup de gens travaillent actuellement sur ce scénario... (avez vous entendu parler de André Brahic ?) En ce qui concerne la philosophie, ce que j'en conclus est que les briques de la vie sont probablement présentes dans tous l'Univers, attendant uniquement une planète "accueillante" pour s'y développer... Il semble aujourd'hui que peu d'endroits dans l'Univers soit accueillants. On pourrait aussi dire que la vie est délicate et que les conditions qu'elle nécessite sont extrêmement rares. Tout dépend alors de ses convictions personnelles. En tous les cas, si l'on suppose que la Terre n'est pas une exception de l'Univers, mais au contraire que la vie a pu ou pourra se développer ailleurs, alors peu importe qu'un astéroïde, l'homme ou autre chose détruise notre planète dans l'avenir, la vie a ses chances ailleurs... Alexandre.
=================***=================
J'aimerais beaucoup vous faire admettre une autre chose, essentielle pour moi. Réfléchissez bien là-dessus, je vous en prie. Vous ne pouvez plus confirmer toutes les grandes religions sans distinction, sans réserves expresses. Site d'André : http://altern.org/disilexiE-mail : achollet@infomaniak.ch
Réponse à André : Dieu ne s'est jamais présenté aux hommes et ne leur a pas demandé de faire ceci ou cela. Tout est sorti de l'esprit des hommes, comme le monde réel est sorti du mien. L'idée de Dieu que les hommes avaient au temps de la Bible correspondait à l'idée qu'ils avaient du cosmos. Ce qui est semblable à la Bible, dans la philosophie du Big Bang, c'est que l'univers est fini dans le temps, qu'il vient du monde réel (Dieu) et qu'il y retournera. Comme dans la Bible, je dis que nous étions mieux dans le monde réel et que nous serons mieux quand nous y serons retournés. Comme dans la Bible, je dis qu'il faut aimer son prochain. Voilà les éléments qui me semblent importants. Ceci dit, je ne crois pas à l'existence du diable pas plus qu'à un jugement dernier qui mettraient les bons d'un côté et les mauvais (l'écrasante majorité) de l'autre. L'enfer est ici et maintenant. Il a l'avantage, par rapport à celui de la Bible, d'être temporaire et d'offrir des bons moments, comme lorsque j'écris à mon ami André. J'ai dit que la philosophie du Big Bang confirmait les grandes religions dans ce qu'elles avaient d'ESSENTIEL. Cela signifie qu'il y a un considérable travail d'élagage à faire dans chacune d'entre elles. Jean-Pierre Burri
=================***=================
J'ai lu avec un grand intérêt votre théorie qui, il faut bien le reconnaître, est plutôt cohérente avec elle-même si l'on admet que les hypothèses de départ sont justes. Or quelque chose m'a choqué dans une de vos réponses : votre théorie se base sur le fait que l'univers est fini, bien qu'il puisse exister un nombre fini d'univers parallèles. Vous dites à ce propos (réponse à Funboy) : Très bien, je propose qu'il existe n univers disjoints (parallèles). Alors vous acceptez l'idée qu'il est possible qu'il en existe n+1, 10*n ou n^1000000000. J'applique mots pour mots votre phrase. Et c'est la définition au sens mathématique de l'infini ! Pour tout n, il existe un n plus grand. De toutes manières, il est inutile de recourir à un nombre fini d'univers pour avoir les "absurdités" dont vous parlez. Si l'on admet que l'homme n'est qu'un assemblage fini de ses particules élémentaires (ce qui je crois est votre avis), alors au bout de n univers parallèles, n assez grand, une configuration identique à la mienne apparaîtra et j'aurais donc un sosie vivant au même instant dans les même conditions que moi. Pour n encore plus grand, on trouvera 2,3,10, sosies, etc. Conclusion : Votre théorie rejette l'infini de l'univers, mais admet qu'il peut être aussi grand que l'on veut. Contradiction ! A mon humble avis pour que votre théorie soit plus correcte, il faut rejeter l'existence d'autres univers. Mais je pense qu'il est probable qu'ils existent, malheureusement. Et comme il n'y a aucune raison pour qu'il y en ait un nombre donné, pourquoi rejeter que l'univers peut être infini ?
Réponse à Fabien Benoit : Pour dissiper tout malentendu, je tiens à dire que je nie pas l'infini ! Pour moi, le monde réel qui est non calculable, donc non mesurable, est par définition infini. Ce qui est fini c'est l'univers calculable, qui englobe tout ce que nous pouvons comprendre plus des univers parallèles hypothétiques mais calculables eux aussi. Il ne suffit pas de dire que pour tout n, il existe un n plus grand pour avoir l'illusion confortable qu'on a résolu le problème de l'infini. Pour moi, le nombre le plus grand possible est celui qu'on calculerait dès aujourd'hui avec l'ordinateur le plus rapide jusqu'à la fin de l'univers dans x milliards d'années. Il serait assurément très grand, mais pas infini. Ces considérations m'ont amené à penser qu'on ne construisait pas un univers infini avec des parties finies. L'infini ne peut être fait que d'infini. Je ne vois donc pas de contradictions dans mon exposé. L'univers peut être aussi grand que vous voulez, soit, mais vous ne pourrez jamais décrire, calculer, un univers infini, parce qu'il n'existe pas. Si l'univers était infini, la philosophie du Big Bang s'écroulerait en entier, avec notamment la morale qu'elle dégage. (L'avez-vous lue ?) Jean-Pierre Burri
=================***=================
En lisant la philosophie du Big Bang que vous proposez, celle, au fond, d'un univers complètement fini, je trouve d'une part que vous fondez la complétude de la finition de l'univers au niveau macrocosmique sur la finitude, que vous supposez, de ses parties. Vous en arrivez ainsi à former l'hypothèse d'un monde extérieur, pourtant présent partout dans l'univers issu du Big Bang. Mais, votre argumentation fait surgir quelques questions :
Réponse à D. M. :
Vos commentaires et questions me font penser que vous connaissez bien la philosophie. J'aimerais que vous me donniez votre avis sur mes réponses et que nous continuions notre dialogue encore un moment. Jean-Pierre Burri
Commentaires de D. M. : Je vais donner un avis, comme vous l'avez demandé sur les réponses que vous m'avez données. ... Votre définition de l'univers fini est : "Tout ce qui est calculable". Et comme tout dans l'univers est calculable, alors l'univers est fini. En choisissant d'appréhender le "fini" par le "calculable", avez-vous voulu faire un choix méthodologique théorique ? Votre définition me semble ne comprendre l'univers que sous l'angle quantifiable, et votre concept de "fini" signifie dès lors "limité", et reste dans l'ordre du mesurable, du mathématisable. Ce choix peut être fécond quand on cherche à mettre sur pied une réflexion seconde qui part des résultats empiriques de la science, ici, de l'astrophysique, mais il ne devrait pas prétendre à l'exhaustivité. Dans la définition II de l'Ethique démontrée selon l'Ordre Géométrique, B. Spinoza écrit : "Est finie en son genre, la chose qui peut être bornée par une autre de même nature. Par ex. un corps est dit fini, parce que nous en concevons toujours un autre plus grand. De même, une pensée est bornée par une autre pensée. Mais un corps n'est pas borné par une pensée, ni une pensée par un corps." En prenant cette définition de Spînoza avec les nuances nécessaires, on peut poser la question de savoir quelle serait la nature de cette cause extérieure à l'univers ? Et comme Aristote qui s'interrogeait sur la nature de la cause efficiente première, cette cause serait-elle matérielle ou non-matérielle, de la même nature que l'univers ou non, et en quel sens est-elle cause ? Aristote peut aider à trouver une série de conceptions de la causalité (cf.Physiques, Métaphysiques), et saint Thomas d'Aquin qui fait un bon commentaire d'Aristote, surtout quand il conçoit les fameuses preuves de l'existence de Dieu. La recherche même d'une cause extérieure à l'univers n'est-elle pas un piège ? N'est-ce pas le fait de notre habitude perceptive ? (David Hume avec sa critique de la causalité, qui a beaucoup inspiré Kant : Critique de la raison pure, 2°partie, 2°division : dialectique transcendantale, livre 2°, chapitre 2 : antinomie de la raison pure, 1e section : système des idées cosmologiques). Le modèle de l'univers que propose la théorie du Big Bang n'est-il pas un modèle parmi plusieurs autres modèles de l'univers ? . Certes la science astrophysique moderne semble s'être appropriée ce modèle de Georges Lemaitre. Vous dites que vous n'avez jamais eu la foi et que, cependant, vous cherchez la vérité à partir de la science et du raisonnement. On peut ne pas professer une foi explicite, mais en vivant dans un milieu constitué par une foi donnée, on finit, même inconsciemment, par épouser certaines catégories que véhicules cette foi. Mais cela n'est pas directement important. Philosophie de type platonicien ? Je suis d'accord avec la réponse que vous m'aviez donnée. Je constate qu'elle procède méthodologiquement de façon aristotélicienne, pour conclure sur le modèle platonicien. L'objectivité totale n'existe pas. A première vue, je suis d'accord. Ce que je peux appeler "révolution phénoménologique" en philosophie, avec Husserl, montre suffisamment que la vérité, même celle de la science, dépend le plus souvent de l'intentionnalité de celui qui élabore une hypothèse ou une théorie données. Je parle d'avantage de l'intentionnalité opérante et de l'intentionnalité d'acte. Husserl disait que l'objectivité était un accord de subjectivité. Maurice Merleau-Ponty dirait qu'elle est le géométral par lequel se recoupe nos perspectives perceptives. La vérité de la science expérimentale consiste dans l'accord entre une formule, une loi ou une théorie données avec les résultats de la vérification expérimentale. La vérité à laquelle on conclut de cette sorte correspond à une des définitions scolastiques de la vérité : "accord de l'intelligence et de l'objet", comprise comme "conformité de l'intelligence à l'objet" (c'est la vérité des êtres finis). La vérité divine étant "la conformité de l'objet avec l'intelligence". Votre définition du temps correspond plus ou moins à celle qu'en donne Aristote (cf. Physiques) : "le temps est la mesure du mouvement selon le nombre". Mais si la définition d'Aristote garde quelque valeur, on peut se demander si, gardant l'infinité de principe pour le nombre, le temps qui se comprend selon "le nombre" et le mouvement n'acquiert pas une nouvelle dimension qui, à quelque titre, l'empêcherait d'être purement et simplement fini comme ce dont il est la mesure, à considérer que l'univers soit effectivement fini.
Réponse à D. M. :
A bientôt. Jean-Pierre Burri
Commentaires de D. M. : Merci pour les réponses. J'ai finalement lu ce que vous proposez comme morale qui serait fondée sur la philosophie du Big Bang, j'ai lu aussi certaines réactions de personnes qui ont lu cette philosophie. Je peux vous assurer que c'est une bonne entreprise, qu'elle mérite d'être poursuivie, que les thèses soient approfondies et que le résultat final soit publié pour le grand public. Je suis d'accord avec la plupart de vos thèses, mais elles nécessitent encore quelques clarifications et, comme je venais de le dire, un approfondissement. Je constate que ce que vous appelez morale de la philosophie du Big Bang est tout simplement une ontologie de l'être fini, avec des conséquences éthiques. Ce qui me réjouit le plus, c'est le respect de l'exigence philosophique d'une recherche qui ne démissionne pas, et qui ne propose pas de réponses prétendument définitives, parfois très idéologiques, comme le font les différentes religions, surtout les religions monothéistes, qui, par nature, sont intolérantes. Toutefois, je dois reconnaître que les concepts de fini et d'infini ne sont pas encore clairement établis, et que certaines prises de position morale sont tout simplement discutables, au moins à l'heure actuelle, (la question de la mondialisation par exemple où vous faites montre d'un optimisme que les faits semblent démentir ; votre conception du progrès humain...). Si les religions se disputent, c'est parce qu'elles n'arrivent pas à percevoir leur essentiel, qu'elles confondent l'aspect culturel historique de leur constitution avec la recherche du sens de l'existence, qu'elles prétendent avoir une réponse définitive à toute question, dans presque tous les domaines de l'existence humaine et du monde, et en cela, elles se trompent. N'oublions pas, pour comprendre leur attitude, le rôle historique qu'elles ont joué dans la constitution des Etats modernes. Je reviendrai aussi sur l'aspect proprement et scientifique de la question qui nous occupe. Je suis très heureux d'avoir fait votre connaissance, et de l'entretien que nous tenons depuis peu. A la fois prochaine,
=================***=================
Pour quelles raisons avez-vous composé la philosophie du Big Bang ? A. B.
Réponse à A. B. : J'ai toujours été préoccupé, depuis le début de mon adolescence, par cette question : La philosophie du Big Bang est donc un essai d'arriver à la vérité par la science et le raisonnement et d'en dégager une morale (avez-vous lu "Les conséquences morales de la philosophie du Big Bang" en cliquant en haut à gauche de la première page ?). C'est une philosophie qui part du big bang. Elle est la première à mon sens à incorporer les notions de temps et d'espace qu'on trouve dans la théorie de la relativité. C'est en quelque sorte un retour aux pré-socratiques avec des connaissances scientifiques largement plus répandues. Jean-Pierre Burri
=================***=================
Questions de Valentin Kaufmann : Remarques valables pour ce document :
Introduction : Pourquoi est-ce que le croyant que je suis cherche " à avancer " avec vous ? Vous convertir ? :-) Certainement pas ! Confirmer ma pensée ? Oui, parce que je pense comme Thomas d’Aquin (1225-1274) : Vous dites en effet dans la 3ème hypothèse : Donc, puisque tout vient de l’Un, la théologie et la foi sont également issues de l’Un. Même si j’admettais que ce ne sont que des inventions, elles n’en découleraient pas moins de l’Un. Foi et théologie ont donc une finalité, tout comme l’Univers. (finalité…voir plus bas) Thomas d’Aquin dit encore : Ainsi monsieur Burri, je me réjouis de nos divergences dans lesquelles il faut démasquer les points communs et les apories plutôt que le rejet pur et simple. Vous êtes quelqu’un qui est prêt à discuter et c’est tout à votre honneur. La chose qui m’énerve le plus, c’est la foi aveugle de certains chrétiens qui vont jusqu'à nier les progrès de la science pour ne pas être " déstabilisés " dans leur certitude. Leur peur du néant domine leur raison. 1. Finalité de l’Univers et cause première : Vous dites dans la 4ème hypothèse : Résumé :
Il est donc clair que l’Univers a une finalité, un but. Qui dit finalité dit cause première et incréée, qui est en soi et par soi. On ne peut pas remonter à l’infini sans quoi il n y aurait pas de cause première. Dans ce sens, Thomas d’Aquin dit que : *si cette affirmation n’était pas valable pour toute chose, il n y aurait pas de déterminisme, et donc l’Univers n’aurait aucun but et la théorie du big-bang s’écroulerait d’elle-même. Pourquoi ça ? Parce que l’indéterminisme ouvre la porte à la contingence infinie… et vous le savez bien… l’infini n’est pas raisonnable ! Quel est donc le but de l’Univers ? Vous dites dans la 3ème constatation : Il y a une envie dans l'univers de retrouver les conditions du monde réel. Cette envie se traduit par une conduite morale qui consiste à considérer les autres comme nous-mêmes et à les traiter comme nous-mêmes, puisque nous étions UN avant. Cette attitude morale ne peut cependant pas changer les structures de l'univers. Résumé :
Dans ce sens, Jean Scot Erigène (810-877) :
C’est ce que je pense également, but de l’Univers et de toute vie : le retour dans l’Un. (pour moi, Dieu) De l’origine de la cause première : 2. Nécessité de l’Univers fini ou absurdité de l’étude de l’infini : Vous dites dans la 1ère constatation : Vous dites dans la 2ème constatation : Dans ce sens, Guillaume d’Ockham (1280-1348) : C’est simplement une manière différente d’en arriver à la même conclusion que la votre " L'EXTÉRIEUR DE L'UNIVERS N'EST PAS PENSABLE NI CALCULABLE. " et j’ajoute, inutile. Il y a des lois universelles, mais pas une infinité, et l’idée d’infini est typiquement une chose à rejeter. 3. Toutefois… : (à propos d’infini) Vous dites dans la 2ème hypothèse : Si l’étude de l’infini est absurde, vous ne niez pas totalement son existence : Dans ce sens, Nicolas de Cues (1401-1464) : En particulier : " Le monde extérieur est donc non seulement à l'extérieur, mais il est aussi partout en nous, en toute chose. " Dans ce sens, toujours de Cues (1401-1464) : Donc tout chose provenant de l’Un, il n y a rien de plus grand ni de plus petit que l’Un. Et encore : " On ne peut que penser que […] notre univers est le monde des illusions. " En ce sens, Guillaume d’Ockham :
Ainsi [par exemple] on ne peut pas déduire l’immortalité de l’âme des principes rationnels car elle n’est pas fondée sur l’expérience. " Voilà qui confirme votre pensée : d’une part il y a les connaissances liées aux perceptions de nos sens, et qui sont donc intuitives et ne qui ne définiront jamais l’Un dans sa totalité, et d’autre part nous trouvons les connaissances abstraites qui ne prouve pas l’existence effective de l’objet….. NOUS NAGEONS EN PLEINE ILLUSION. Conclusions : Je devrais préciser : conclusion de ce document et non, conclusion totale…
Cher Monsieur Burri, vous aurez compris qu’à travers ce document je ne souhaite convertir personne mais que j’ai simplement la joie de constater l’Unité de toute chose. La question qui me préoccupe à présent est le problème du libre arbitre, car il y a une aporie entre causalité (déterminisme, puisque l’Univers à un but) et liberté. Si tout est résumé dans le principe de la cause à l’effet qui tendent vers un but ultime, en quoi consiste la liberté humaine…? Ou puisque tout ce que je suis et pense à un moment donné proviennent d’une cause antérieure, en quoi ai-je du mérite ? Je suis en pleine recherche et n’ai pas encore d’opinion arrêtée. Meilleures salutations et amitiés.
Réponse à Valentin Kaufmann : Pour reprendre vos conclusions, je dirai qu'il n'y a pratiquement pas de différences entre vous et moi. La seule différence, minime, est une question de vocabulaire. Qu'on dise Dieu ou monde réel dépend finalement de nous autres humains et pas de Dieu. Je suis d'autre part d'accord avec vos autres conclusions. En ce qui concerne le libre arbitre, je pense que c'est un faux problème. Je crois au déterminisme mais je ne traverserais jamais une route les yeux fermés, sous prétexte que le jour de ma mort étant fixé d'avance je ne risque rien. Si je prends ces précautions, c'est parce que le déterminisme m'apparaît entier dans le passé et jusqu'à maintenant mais pas dans l'avenir. J'explique ma vie jusqu'à ce jour par tous les événements qui l'ont déterminée mais je sais que l'avenir est ouvert. Le déterminisme semble donc être valable pour le passé mais pas pour l'avenir. Liberté humaine et mérite sont des concepts humains relatifs et pas absolus. Je dis cela d'un point de vue philosophique. Comme tout le monde je suis bien sûr pour la liberté et j'estime que le mérite doit être récompensé. Mais le monde réel (Dieu) est au-delà du bien et du mal, au-delà de la liberté et du mérite, au-delà de notre pensée. A bientôt, Jean-Pierre Burri
=================***=================
Bonjours, je suis un jeune adolescent de 17 ans qui s'intéresse beaucoup au "Making of" the la vie et même si je crois beaucoup en Dieu et au Paradis, votre philosophie ma beaucoup marqué et reflète une vérité assez complète. …
Réponse à Patrick : Quand vous dites, au début de votre texte, "même si je crois beaucoup en Dieu et au paradis, votre philosophie m'a beaucoup marqué", vous semblez dire que dans la philosophie du Big Bang il n'y a pas de Dieu ni de paradis ! J'aimerais attirer votre attention sur le fait que le monde réel est largement synonyme de Dieu et de paradis. Jean-Pierre Burri
=================***=================
Je suis parfaitement d’accord avec la théorie du Big-bang et vos hypothèses exposées sur la page principale. Je me suis fort amusé dans cette réponse que vous avez donnée à Anne-Claude : Vous lui recommandez de se réfugier dans la foi. Vous avez écrit, entre autre : Cher Monsieur Burri, savez vous que ces considérations font appel à La science, ne saura jamais expliquer ce qui n’est pas matériel. Ce serait une grosse farce que de prétendre le contraire. La foi est donc nécessaire (je pense à Kant). …
Réponse à Valentin : Avant de signaler ce qui nous différencie, j'aimerais commencer par attirer l'attention sur ce qui nous rapproche : "l'importance de l'amour... et... l'importance du pardon". Ce qui signifie que nous sommes en fait d'accord sur l'essentiel, le reste étant affaire de théorie qui ne pourrait en aucun cas nous diviser gravement. Vous n'êtes pas la première personne que je rencontre qui commence son raisonnement depuis un point de départ différent et qui chemine différemment pour arriver à peu près au même point d'arrivée que moi. Cela signifie qu'il y a une vérité à laquelle on peut accéder par différents chemins. Le mien a été d'essayer d'arriver à la vérité en ne faisant appel qu'à la science et au raisonnement et pas à la foi qui peut amener au meilleur (les saint(e)s) et au pire (les assassin(e)s). Quand je dis "la vie, c'est ce court moment pendant lequel une toute partie de l'univers devient consciente d'elle-même et peut agir" je décris une réalité objective qui peut être vérifiée tous les jours. Il n'y a pas de foi ici. J'avais tout récemment un échange d'idées avec un physicien américain qui m'accusait d'avoir la foi mais de ne pas l'avouer. Je dois dire, à mon corps défendant, qu'il a marqué un point là. En effet comme vous l'avez certainement compris, le monde réel est pour moi largement synonyme de Dieu, mais pas complètement. Aurais-je eu les mêmes idées si j'étais né dans une famille hindoue en Inde et pas dans une famille protestante en Suisse ? Impossible à dire, hélas. En ce qui concerne Kant, ma pensée diffère de la sienne parce que selon moi on peut déduire qu'à l'extérieur de l'univers il y a le monde réel et qu'il est meilleur que le nôtre (2ème et 3ème hypothèse). Jean-Pierre Burri
=================***=================
Big-bang à répétition, oui ou non ? Il m'apparaît dans ce cas que la théorie des univers parallèles est plausible et que ces dits univers sont séparés par ce que nous appelons le temps. Le temps n'est rien d'autre que la quatrième dimension... et je posséderais alors une quantité infinie de sosies, de vies différentes, etc, etc. Ca me fait penser aux nombres "univers" comme PI par exemple qui possèdent un nombre infini de décimales (sans cycle). Si on s'amuse alors à remplacer les chiffres par des lettres on pourra y trouver n'importe quelle phrase, suite de phrases, etc, et cela veut dire que toute chose est écrite dans ce nombre, l'encyclopédie universelle, ma vie, vos vies, etc. D'ailleurs, ce texte que je viens d'écrire se trouve dans le nombre PI, et il s'y trouve même une variante sans fautes de français. C'est beau, la science ! Valentin P.S.: en fait la question est : Big-bang à répétition, oui ou non ?
Réponse à Valentin : J'aimerais commencer par vous donner ma définition de l'univers : c'est tout ce qui peut être calculé. Selon moi, une succession infinie de big bang est impossible puisqu'il faudrait une énergie infinie et que l'énergie dans un monde fini ne peut être que finie. L'hypothèse de Nietzsche est donc fausse. En ce qui concerne les voyages dans notre univers ou entre deux univers on peut dire bien sûr que c'est une question de temps. Remonter le temps est impossible. Des mathématiciens à qui Stephen Hawking, le physicien britannique, avait posé la question, ont répondu clairement non. Votre question est extrêmement intéressante car elle conduit à se demander si l'univers pourra un jour se comprendre et agir sur lui-même instantanément. Il semble que ma quatrième hypothèse ne serait valable que dans ce cas. Je suis heureux que vous ayez parlé du nombre PI car je m'en sers moi-même pour démontrer que des calculs qui paraissent rationnels sont parfois totalement en dehors de la réalité. En effet la distance la plus courte théoriquement possible est la longueur de Planck. On y arrive, je crois, en écrivant 33 chiffres après la virgule, ce qui veut dire que les milliards de chiffres qui viennent après la virgule dans le nombre PI n'ont aucun sens. Jean-Pierre Burri
=================***=================
Vous écrivez : Selon moi, une succession infinie de big bang est impossible puisqu'il faudrait une énergie infinie et que l'énergie dans un monde fini ne peut être que finie. J'imaginais qu'une succession de big-bang était possible en partant du principe que "rien ne se perd, rien ne se créé", et, que bien plus tard, les trous noirs feraient le "ménage" en absorbant tous ces restes de big-bang éparpillés dans l'univers et qu'ils finiraient par s'attirer entre eux pour reformer un tout. Tiens ! J'ai une autre question qui me vient à l'esprit. Imaginons cette "boule" d'énergie avant le big-bang, sous quelle forme se présente-t-elle cette énergie... ? Je veux dire, on sait qu'un proton à une charge positive, l'électron une charge négative, puis il y a les quarks, les leptons, etc, etc. Mais quand tout est condensé au plus haut point, que tout est "un" si je puis dire, il ne peut y avoir de charge. Voilà, je fais certainement des fautes de raisonnement dû à l'ignorance de certaine loi de la physique, mais n'hésitez pas à me corriger. Je vous souhaite une agréable semaine.
Réponse à Valentin : Votre première question est celle qui m'a fait le plus réfléchir. Selon moi, le second principe de la thermodynamique, qui met en évidence l'irréversibilité des phénomènes, interdit une succession infinie de big bang. Il faut tenir compte aussi que l'espace se dilate et que par conséquent la matière et l'énergie se diluent peu à peu. En fait il s'agit d'une question pour un physicien et je vous prie de considérer comme provisoire ma réponse, jusqu'au moment où un physicien aura pu vous répondre avec certitude. Votre deuxième question par contre s'adresse à un philosophe et ne me cause aucun problème. Avant le Big Bang, il n'y avait pas d'espace et pas de temps et donc pas de matière et pas d'énergie ! Vous avez raison de dire qu'il n'y avait pas de "+" ni de "-". En fait la philo du Big Bang nous dit qu'il est même impossible de penser à ce qu'il y avait avant le big bang. Et pourtant là se trouvent notre origine et notre destin. Je vous suggère de relire le résumé de la Philosophie du Big Bang pour voir comment je résous ce problème. Amitiés. Jean-Pierre Burri
=================***=================
A propos de la première hypothèse : Vous dites qu'un univers infini est inintelligible. Il l'est pour les physiciens. Rien n'exclut que la perception d'un homme soit dépassée par une notion réelle. Vous dites qu'ayant un âge fini, il n'a pas eu le temps de "devenir" infini. La théorie du big-bang nous dit qu'il a TOUJOURS été infini, même a l'origine. C'est la concentration des particules qui augmente quand on retourne dans le passe, d'où la notion d'expansion. On apprend en mathématique que le nombre de combinaisons possibles de particules est d'un ordre supérieur au nombre de particules, quand celles-ci sont infinis. Il n'est pas exclu, et même fort probable ! que l'univers soit infini et ne se répète pas, et que l'on ne possède donc pas de sosies. Il est dangereux d'utiliser les résultats scientifiques sans connaître la science. Réponse à Ruyant : Merci d'avoir exprimé vos idées. La différence de point de vue entre nous provient sans doute du fait que j'utilise un raisonnement différent du vôtre. Pour moi l'infini est incompréhensible, même pour les physiciens, parce qu'il ne s'agit pas d'une quantité (qui pourrait être calculée) mais d'un absolu qui ne peut pas être calculé donc à fortiori qui ne peut pas être pensé. Je suis d'accord avec vous pour dire qu'il arrive que la perception d'un homme soit dépassée par une notion réelle. Ce serait le cas d'une cinquième dimension, dont on ne sait pas encore si elle existe mais qui peut déjà être calculée alors qu'il est impossible d'imaginer à quoi elle ressemble. Cette cinquième dimension peut être calculée alors que l'infini ne peut pas l'être. La théorie du big bang ne va pas plus loin que le temps de Planck. Avant ce moment, nous n'avons aucune idée de ce qui s'est passé. Vous pouvez affirmer que l'univers a toujours existé et je peux dire qu'il vient de rien. N'ayant aucune preuve, nous avons tous les deux raisons. Il me semble y avoir une erreur dans votre raisonnement exprimé dans votre troisième paragraphe. Le nombre de particules qui composent un être humain est limité. Dans un univers infini, au nombre de particules infini, il y a donc une obligation absolue de recommencer le même modèle une fois que toutes les possibilités ont été épuisées. Vous serez peut-être intéressé de savoir que c'est un physicien qui a attiré mon attention sur ces faits. N'hésitez pas à revenir afin de poursuivre cet échange d'idées. Jean-Pierre Burri
=================***=================
La morale de la philosophie du Big Bang semble être la même que la morale chrétienne. Pourquoi créer une nouvelle philosophie alors que le christianisme a fait ses preuves depuis deux mille ans ?
Réponse à Thierry : Cher Thierry, Tout le monde n'a pas la foi et le christianisme n'est pas la religion de la majorité de l'humanité. C'est pour tous ceux qui sont en dehors que j'ai voulu démontrer qu'on pouvait arriver, par la science et le raisonnement, à une morale aussi élevée que celle proposée par le christianisme. Jean-Pierre Burri
=================***=================
En lisant la première page de votre théorie sur la Philosophie du Big Bang, quelque chose dont nous avons déjà parlé précédemment m'a frappé : Lors d'un autre mail, vous m'avez fait comprendre qu'il y aurait des paradoxes si l'univers était infini car on aurait tous une infinité de sosies etc. Je discutais dans le train avec un ami de cela et il nous sembla qu'il y avait un paradoxe dans votre théorie. Voilà nos constatations : Vous dites dans la théorie que les hommes veulent revenir dans le Monde Réel où nous étions UN donc où nous étions "Dieu" ou quelque chose d'infini et de parfait. Mais comme vous l'avez dit : il y a un paradoxe car des choses finies comme vous, moi et tous les choses de l'univers ne peuvent former quelque chose d'infini. Je pense que je me trompe et je crois que l'erreur est que je n'arrive pas à interpréter le mot "UN", qui m'est difficile à imaginer. Je ne sais pas s'il y a un rapport entre le Dieu des religions, donc le Dieu parfait, infini, et le "UN" de votre théorie ? J'espère que vous trouverez l'erreur ou les erreurs, Bonnes salutations.
Réponse à André : Merci de votre intéressante question. Vous n'avez pas fait d'erreur. Je vais refaire avec vous un bout du chemin de la Philosophie du Big Bang. L'univers est fini dans l'espace et le temps, cela veut dire qu'avant d'être à quatre dimensions (ou plus) il était dans le monde réel sans dimensions et il sera sans dimensions après être retourné à l'avenir dans le monde réel. Il était donc infini avant et sera infini après. Cela veut dire que vous et moi, André, nous étions infinis avant d'être dans l'univers à quatre dimensions et nous serons à nouveau infinis quand l'univers aura disparu. Je ne peux pas vous dire comment des êtres finis ou des choses finies deviendront infinies, ça c'est le mystère du monde réel qu'on ne peut pas comprendre, comme vous le savez maintenant. Cependant j'ai la logique pour moi : si on admet que l'univers est fini alors forcément il va retourner à ce qu'il était avant et avant il ne pouvait qu'être infini, puisque l'infini c'est le propre de quelque chose sans dimensions. Vous avez bien compris le UN de la Philosophie du Big Bang qui est le même que le Dieu des religions, le Dieu parfait, infini, mais vous n'aviez peut-être pas encore saisi toute l'importance de la finitude de l'univers. Cette finitude exige un extérieur sans dimensions, donc infini. A bientôt, Jean-Pierre Burri
=================***=================
Questions de Anne-Claude (1) : Je suis subjuguée par votre philosophie du Big Bang. Sa formulation correspond d'une façon précise et simple à tout le cheminement philosophico-intérieur que je fais depuis quelques années, au fil de mes lectures et de mes raisonnements. J'ai deux questions cependant : Mille mercis d'avance.
Réponse à Anne-Claude (1) : Première réponse : si vous lisez la partie de mon site "Précisions sur la Philosophie du Big Bang" en cliquant en haut à gauche de la première page, vous trouverez mes idées sur ce qui se passe quand nous mourons. Deuxième réponse : heureusement que nous pouvons connaître des choses sans les avoir faites, sinon nous ne connaîtrions pas grand chose. Je ne vois pas de problème à ce que l’humanité connaisse un jour tout l’univers, puisque celui-ci est fini. C’est donc une question de temps. Mais il est cependant très clair que le Monde Réel échappera toujours à notre intelligence. Meilleures salutations, Jean-Pierre Burri
=================***=================
Questions de Anne-Claude (2) : Votre réflexion sur la mort est fort intéressante. Elle va même de soi, une fois que l'on a adhéré à vos hypothèses philosophiques de départ (ce que j'ai fait avec grande conviction). Pourtant, c'est petite partie consciente de l'univers que je suis ne se résout pas à capituler si facilement. Elle veut trop se donner le droit d'exister aussi pour elle-même, et pas seulement comme uniquement simple partie du tout. Vous qui faites si souvent référence aux textes bibliques, en mettant en évidence leurs analogies avec les sciences et la philosophie, vous avez sans doute explicité le fameux "Un et indivisible", "Dieu est partout à la fois, dans chacun de nous...". Mais pour faire un parallèle avec le jugement dernier, cette histoire de retour au monde réel sans être porteur d'une existence individuelle, ça me chiffonne. Je préférerais penser que, à notre mort, notre âme attend le jugement dernier (c'est-à-dire le retour au monde réel), quelque part, et qu'au moment de l'engloutissement final, elle retrouvera toutes les autres âmes de façon consciente, pour FORMER un tout, et non pas pour se fondre dans la masse du tout. Peut-être ai-je trop envie d'exister pour concevoir que je ne suis rien de plus qu'une toute petite partie de l'univers. Mais alors, qui a fait naître en moi une telle impression personnelle d'exister individuellement ? Avec toute mon amitié.
Réponse à Anne-Claude (2) : J'ai moi aussi un grand plaisir à vivre et si j'en avais le choix, je mourrais le plus tard possible. C'est la nature qui nous a donné cet amour de la vie. Nous sommes programmés pour sauvegarder cette vie avec toute notre énergie. J'aimerais vous parler de mon expérience philosophique. Quand je me suis rendu compte que mon vrai moi c'était l'univers tout entier, j'ai ressenti une libération, une grande joie. J'avais l'impression d'avoir grandi immensément d'un seul coup. Je n'avais plus le sentiment d'être moins qu'un grain de poussière dans l'immensité de l'univers. L'univers, c'était moi. Remarquez que malgré tout cela, je reste un individualiste Le service militaire m'a laissé des souvenirs pénibles justement parce que je ne pouvais jamais être seul. J'ai aussi horreur de me fondre dans la masse. J'espère que vous parviendrez peu à peu à cette plénitude philosophique qui ne diminue en rien l'importance de l'individu. Je ne vous suggère pas de capituler mais de triompher. En ce qui concerne la possibilité de rejoindre le Monde Réel directement après la mort, je dirai ceci : Puisque nous ne connaissons rien du Monde Réel et de ses relations avec l'univers, on peut tout imaginer, avec le risque que tout soit fantaisiste. J'en reste donc à mon idée que nous ne retournerons dans le Monde Réel qu'après la disparition de l'univers. Ca peut paraître long, mais en fait, le temps vous a-t-il semblé long depuis le début de l'univers ? Avec toute mon amitié, Jean-Pierre Burri
=================***=================
Questions de Anne-Claude (3) : J'aimerais moi aussi vous parler de mon expérience philosophique. Mais aussitôt, j'ai pensé à la mort. Et là, ce sentiment de joie s'est transformé en sentiment d'angoisse. Je pense maintenant, je me sens individu et univers en même temps. Mais quand je mourrais, je ne serai plus qu'univers. Et alors, moi, l'individu comme je me sens maintenant, petite conscience de vie, que deviendrai-je ? Je disparaîtrai à jamais. Et ça, je n'arrive pas l'accepter avec joie. C'est comme si la nature, qui m'a donné cet amour de la vie, me demandait de le sauvegarder au-delà de la mort.
Réponse à Anne-Claude (3) : Je vous comprends parfaitement. Moi-même je ne mourrai pas avec joie. La seule chose que j'espère est de mourir sereinement, pour autant que les circonstances me le permettent. Si votre peur de mourir est assez aiguë, alors je vous conseille de vous réfugier dans la foi, c'est-à-dire dans la religion, n'importe laquelle d'ailleurs. Celui qui a la foi se décharge complètement de ses soucis métaphysiques sur une autorité supérieure en laquelle il a une confiance infinie. Le résultat est qu'il se sent plus léger. Le philosophe par contre est seul avec ses angoisses, qu'il gère plus ou moins bien. Je crois que le sort des humains est d'être angoissé. Après tout, on n'est pas ici pour rigoler. (Clin d'œil). Pour vous soulager il faut vous exprimer, par la parole ou par l'écrit. Pourquoi n'écririez-vous pas un livre racontant vos expériences ? Vous avez un style plaisant et vous n'êtes pas à court d'idées. Meilleures salutations, Jean-Pierre Burri
=================***=================
Très impressionné par votre travail, je voulais vous demander si le futur est ce qu'on connaît pas et ce qu'on connaîtra jamais avant que le futur ne devienne présent ou juste un point du temps qui ne cesse de reculer, et en quoi la connaissance du futur peut changer le présent.
Réponse à E. : Le temps n'est que la mesure de la transformation de toute chose, il n'a pas d'existence propre. Une partie du futur peut être découverte en analysant les mouvements du présent. La connaissance du futur a changé votre présent. Jean-Pierre Burri
=================***=================
Questions de Monsieur F. Broquerie : Votre optimisme est sans appel. Non pas que je trouve vos idées particulièrement réjouissantes mais plutôt, vous menez le raisonnement tambour battant, hissez haut compagnons. Nous allons de l'avant, l'univers deviendra conscient, voilà le sens de la vie, croyons-y jusqu'au bout... D'une certaine manière, je pense la même chose, à quelques bricoles près bien entendu. Nous évoluons, nous nous transformons et nous transformerons plus encore, manipulations génétiques ou pas, les dieux manipulent plus que nous ne manipulerons jamais. Le hic est que dans tout ce raisonnement il y a un grain de sable, des grains de sable, ce n'est qu'une histoire de temps pour le découvrir et ainsi de suite jusqu'au prochain grain de sable. Comprendre la création, le créé... donc le créateur. Il y a là un inévitable seuil pour la machine humaine. Nous existons en deçà de ce seuil dans un monde mouvant avec une pensée mouvante ou rien ne dure véritablement, aucune vérité, aucune raison ne résiste au temps, une seule certitude, la mort de chacun d'entre nous. Nous demeurons passants. Nos spéculations et ce que crée l'humanité, tout cela a une fin, ne durent pas bien longtemps ainsi vous accepterez peut être de me comprendre quand je me permets d'avoir des doutes devant toute certitude, je dois même vous avouer, au risque de vous déplaire que je ne croie en rien, du moins rien de tangible en deçà de l'infranchissable, l'insondable disent les Asiatiques. Par contre, j'adore spéculer, rêver, inventer, imaginer mais je ne veux pas être dupe, ce ne sont que des jeux pour enfants, pour les petits enfants que nous sommes... Avez vous besoin de croire en vos idées, êtes vous prêt à les détruire. Ce ne sont pas des jeux innocents et pour chaque pas il y a un prix à payer. Sur ce difficile chemin ou vous et moi, je pense, désirons avancer, il faut savoir faire table rase de nos certitudes, il faut se jeter dans l'insondable, mais attention, grand danger.
Réponse à Monsieur F. Broquerie : S'il est vrai que le monde réel est impensable et qu'il existe une barrière infranchissable entre lui et nous, nous sommes par contre parfaitement équipés pour comprendre tout l'univers et y progresser jusqu'au moment ou il retournera dans le monde réel. Je ne partage pas du tout ce genre de désespoir qui semblait vous habiter quand vous m'avez écrit vos dernières lignes. Vous dites que rien ne dure véritablement, aucune vérité, aucune raison ne résiste au temps. Ce n'est heureusement pas vrai du tout. Certaines pensées de Platon qui vivait-il y a deux mille cinq cents ans sont toujours valables aujourd'hui, y compris dans la philosophie du Big Bang. Le commandement du Christ d'aimer son prochain, énoncé il y a deux mille ans est toujours aussi valable et le restera toujours. Le gigantesque effort fait par nos prédécesseurs pendant des milliers d'années pour comprendre le monde et améliorer nos conditions n'a pas été perdu. Vous bénéficier vous-même, aujourd'hui, de tout ce capital qui a été amasse. La vision de tout cela ne m'incite pas a sombrer dans le désespoir mais au contraire me donne des forces pour aller de l'avant. Je n'ai pas le droit de trahir mes prédécesseurs ni mes successeurs. Je suis un maillon de la chaîne et je ne veux pas qu'elle casse à cause de moi. Elle cassera si je tombe dans le désespoir ou le doute intégral. J'aimerais être avec vous ce soir au coeur de l'Auvergne, avec une bonne bouteille de bordeaux. Ce serait meilleur pour rapprocher nos ides que cent E-Mail. Jean-Pierre Burri
=================***=================
Questions de Monsieur Laurent Ghyselinck : Je m'excuse de ce retard dans ma réponse, mes études ne me permettant pas d'être très disponible. Je vous remercie de votre réponse et j'aimerais, si vous le permettez, vous donner mon avis sur certaines choses que vous avez soulevées. D'abord, vous dites que le monde réel n'étant pas aussi bon qu'on le pensait, sa qualité d'absolu et de perfection peut être mise en cause et ainsi nous inquiéter. Vous faites également référence aux chrétiens, qui se posent le même problème de la perfection ou de la toute puissance divine. A cela, permettez-moi de réagir. Lorsque vous dites que le monde réel est impensable, c'est vrai. Il l'est scientifiquement et raisonnablement, mais pas logiquement, car comme le mal, la logique est un concept issu du monde réel, que je pourrais de plus appeler une vérité absolue puisqu'elle s'applique à tout, y compris le monde réel. L'illogique étant le chaos et le monde réel étant un absolu, le monde réel ne peut pas être vérité et mensonge à la fois. Je ne sais pas si vous voyez ou je veux en venir, je vais préciser ma pensée. Le monde réel est et reste un absolu, une vérité indéniable, puisque chaque chose qui constitue l'univers est issue de celui ci. Il ne faut pas considérer que l'univers et le monde réel existent l'un par rapport à l'autre chronologiquement, mais logiquement. Chaque concept de l'univers a sa cause dans le monde réel. Un absolu ne saurait être contesté dans son infinité et sa perfection. Aussi, admettre que le mal vient du monde réel est déroutant. Mais c'est un faux problème. Comme je l'ai dit, chaque chose existe dans le monde réel à l'état de concept. Leur expression ne saurait être que dans l'univers, puisque la cause et l'expression ne sauraient coexister dans une seule et même chose. De là il est aussi facile de partir sur Dieu. Pourquoi Dieu laisse t il le mal exister sur la terre ? Dieu est donc imparfait. Non, car en laissant le mal exister, Dieu maintient sa perfection. Blasphème, me diront les croyants. Mais c'est un absolu, Dieu est infini et donc infiniment puissant et infiniment bon. Mais pourtant il laisse le mal exister. Bien sur, mais Dieu possède le mal à l'état de concept. Lui, l'infiniment omniscient sait très bien que le bien est infiniment supérieur au mal. Mais pour être parfait, il doit tenir compte de tous les concepts. Rejeter le mal lui est impossible ou plutôt il ne le veut pas. Une façon d'actualiser le mal, de le faire passer à l'état de réalité, c'est de l'exprimer dans la création. Cela ne résout pas le problème, me direz vous. En effet, Dieu est alors obligé de faire la création. Il n'est donc pas libre et donc pas parfait. Oui mais Dieu est absolu, donc Dieu est la nécessité, car il est tous les concepts qui existent. D'ailleurs une infinité de concepts puisque l'infini est lui-même un concept. En actualisant le mal dans la création, Dieu s'obéit à lui-même. Il est donc libre, dans le sens absolu du terme, puisque rien n'entrave sa liberté, même pas lui-même. Je ne sais si je me suis bien fait comprendre, mais il me semble que vouloir renier toute réflexion sur le monde réel entrave la vision que l'on pourrait se faire de celui ci. Je ne cherche pas à modifier votre philosophie qui est somme toute excellente. Je veux essayer de réfléchir sur le monde réel et son essence. Je crois qu'il ne faut pas renier la logique qui nous permet de réfléchir sur le monde réel, certes indirectement, mais de façon assez convaincante pour nous permettre de comprendre, ou du moins d'essayer de comprendre le pourquoi.
Réponse à Monsieur Laurent Ghyselinck : (J'ai perdu la réponse à Laurent Ghyselinck à la suite de manipulations informatiques malheureuses. Mais comme le sujet est important, j'ai essayé de la reconstituer.) Pour moi, le monde réel est impensable scientifiquement, raisonnablement et logiquement. On ne peut pas appliquer la logique, comme Laurent le fait, au monde réel. La logique s'arrête aux limites de l'univers. Dans le monde réel, il n'y a pas de causes et de conséquences pas plus qu'il n'y a de concepts. Le monde réel n'est pas intrinsèquement bon ou mauvais. Il est au-delà du bien et du mal. Quand je dis dans ma troisième hypothèse que nous étions mieux dans le monde réel, j'admets implicitement que le monde réel est meilleur. Mais ceci n'est valable que pour ceux qui comme moi le trouve meilleur. En fait, je le répète, le monde réel est au-delà du bien et du mal. Le monde réel est au-delà aussi de la vérité ou du mensonge. Ne croyez surtout pas que je suis heureux de constater que le monde réel est totalement en dehors de nos investigations. Je suis triste de constater, par exemple, que nous n'aurons jamais de réponse, tant que l'univers existera, à la question pourquoi l'univers existe t il. Mais je suis obligé d'accepter la propre logique de la philosophie du Big Bang. Jean-Pierre Burri
=================***=================
Questions de Monsieur Laurent Ghyselinck : En lisant les réponses que vous avez données aux questions posées, j'ai remarqué qu'à la question "D'où vient le mal ?" Vous avez répondu qu'il est né avec l'Univers et qu'il disparaîtra lorsque l'Humanité retournera dans le Monde Réel. Permettez-moi de vous dire que je ne suis pas d'accord avec cette remarque : Selon moi, la cause d'une chose est toujours à rechercher hors de cette chose, c'est pour cela que je pense que la cause du Mal est à rechercher dans le Monde Réel, non pas dans son expression (puisque comme vous l'avez dit fort justement dans votre philosophie, le Monde Réel n'est pas Raisonnable) mais plutôt dans son existence en tant que concept. J'ai peut être mal compris vos propos, et c'est pour cela que je vous pose Ces questions : quelles sont les "caractéristiques" du Monde Réel ? Comment ne peut-il pas ne pas représenter un concept s'il est infini ? En vous remerciant, et attendant votre réponse, veuillez recevoir mes sincères salutations philosophiques.
Réponse à Monsieur Laurent Ghyselinck : Votre question est excellente parce qu'elle montre les limites de la philosophie. En bonne logique, vous avez raison : la cause du mal est à rechercher dans le monde réel. Le problème c'est que le monde réel est en dehors de la logique, en dehors de la pensée. Lorsque je dis que le mal est né avec l'univers, j'admets implicitement qu'il s'est passé quelque chose avant, dans l'impensable. C'est d'ailleurs philosophiquement inquiétant parce que cela signifie que le monde réel ne serait finalement pas aussi bon qu'on le pensait. Il ne pourrait pas non plus être absolu puisque notre univers existe. Les chrétiens sont dans le même embarras que les philosophes quand on leur pose cette question : Si Dieu est tout puissant et tout bon, pourquoi laisse-t-il le malheur exister sur notre terre ? Cela voudrait dire : Les caractéristiques du monde réel sont décrites dans mes constatations 1 et 2 et dans mes hypothèses 1 et 2. Meilleures salutations, Jean-Pierre Burri
=================***=================
Questions de Madame Nathalie : Bonjour ! Votre site est merveilleux ! Je suis étudiante au collège et mes cours de philosophie me passionnent... et j'ai donc pour vous quelques questions ! Premièrement, que pensez-vous du voyage dans le temps ? Je sais que, en théorie, cela est possible, mais j'attends votre réponse, qui dois être fort original... Croyez-vous en Dieu ? Question directe... et Descartes lui a répondu d'une façon qui ne me convient pas. Merci
Réponse à Madame Nathalie : Pour moi le temps n'existe pas par lui-même. Il n'est que la mesure de la transformation de toute chose. Donc il est fondamentalement impossible de voyager dans le temps. Les mathématiques disent le contraire et le physicien britannique Stephen Hawking a longtemps été persuadé que c'était possible. Mais il a dû déchanter. C'est impossible. Si vous avez lu le résumé de ma philosophie de Big Bang, vous voyez que j'accorde une grande importance au monde réel qui est en dehors de notre univers. Vous comprenez maintenant pourquoi je parle de monde réel et pas de Dieu. Meilleures salutations, Jean-Pierre Burri
=================***=================
Questions de Monsieur Sauveur Brignano : La lumière, émettrice de photons, est immatérielle bien que source d'énergie. Sa vitesse ne peut être égalée par aucune matière sauf a être prise par l'attraction gravitationnelle d'un quasar ou trou noir pour s'engouffrer dans un monstrueux tourbillon. Sur cet axiome incontournable que la limite supérieure de toute vitesse physiquement possible est la vitesse de la lumière se fondent d'ailleurs les lois de la gravitation et de la relativité qui régissent l'univers. Le destin de l'humanité reste donc attaché à celui de la terre. Par contre, il est logique de penser que d'autres êtres peuvent peupler l'univers, même si, considérant les distances a parcourir et s'ils sont aussi éphémères que nous le sommes, ils resteront toujours isoles. Pour être admiratif a l'égard de la science, je n'ai qu'a regarder la carte mère de mon ordinateur. Mais quand je pense à toute la puissance que contient le soleil, astre moyen sinon petit parmi les astres... La terre n'est qu'un grain de poussière. C'est vrai, j'aurais du dire : notre esprit est-il seulement une organisation éphémère de neurones. En effet, l'organisation est bien complexe ; c'est pourquoi je nourris le faible espoir qu'il en restera quelque chose, la pensée, sans laquelle je n'existe plus. La matière ne m'intéresse pas car je sais qu'elle sera perdue du moins dans sa forme actuelle, et qu'elle n'est rien sans la pensée. A propos de matière, le clonage dont il est fortement question aujourd'hui pourrait être une façon de prolonger l'homme y compris son cerveau. Cependant, même a l'identique, le cerveau ne pourrait contenir le Savoir de son géniteur car ce savoir n'est pas inscrit dans les gènes, il s'acquiert ; quant a prolonger la pensée... Sur ce point, nous sommes inférieurs a la fourmi qui, comme l'a fait remarquer Jean Rostand, sait toujours organiser une fourmilière même si elle est née en dehors du contexte naturel. Quand vous dites : Je reste persuade que l'Humanité n'est pas la par hasard et sans but, mais qu'elle a été voulue et qu'elle a une mission vous devenez mystique. Je suis réconforté par cette foi raisonnable ; j'ai besoin d'échanger des idées avec une personne qui croit en une Autorité Suprême, sans s'appuyer sur des postulats religieux. Je n'ose pourtant pas donner autant d'importance a l'Humanité. Il me faut aller au-delà du Big Bang pour rechercher ce Dieu car en deçà je ne vois que matière incandescente dans l'immensité glaciale des ténèbres. Gérard de Nerval a écrit : Merci encore de m'avoir accorde de votre temps.
Réponse à Monsieur Sauveur Brignano : Je sens une certaine angoisse dans vos propos qui a pour origine l'importance trop grande que vous donnez à votre personne. A cause de cela, vous vous sentez vulnérable, insignifiant face à un univers effrayant. Par contre si vous acceptez que votre vrai moi c'est l'univers tout entier, vous vous sentirez beaucoup mieux. Peux importe alors que notre vie ne dure que quelques dizaines d'années dans le meilleur des cas. Cela ne signifie pas que notre vie est inutile, au contraire. Nous sommes les députés de l'univers, élus par le destin, pour la durée de notre vie. Nous pensons et nous agissons au nom de tout l'univers. Alors il s'agit de bien penser et de bien agir. Nous avons une grande responsabilité. J'espère que la philosophie du Big Bang vous rendra finalement heureux et serein, comme elle l'a fait pour moi. Meilleures salutations, Jean-Pierre Burri
=================***=================
Questions de Monsieur Jean-Marie : Notion de créateur. Si on part du principe d'un univers infini, et beaucoup de physiciens le pensent, quel serait donc le rôle de dieu en tant que créateur. L'expansion de l'univers désigne le fait qu'une seconde avant il était plus petit ? Donc forcément fini. Je ne crois pas a l'infini même en mathématique car cela impliquerait qu'il y ait autant de nombres entiers que de nombres décimaux. Et savoir ce qui se passait auparavant ne paraît pas très importants car il n'y a aucune influence sur ce qu'il se passe maintenant. Croyez vous a l'indéterminisme ?
Réponse à Monsieur Jean-Marie : "Notion de créateur." Je partage votre opinion. Dire que l'univers est infini, c'est admettre qu'il sera à jamais inexplicable, qu'il restera éternellement absurde. Cela signifie aussi que, quelle que soit l'option choisie, univers fini ou infini, on tombe sur un mur que l'intelligence ne traversera pas. "Infini en mathématique." Je ne crois pas non plus à l'infini en mathématique. D'ailleurs, en mathématique, il y a des infinis qui sont plus grands que d'autres. "Savoir ce qui se passait auparavant ne paraît pas très important." Là je vous ne suis plus. C'est tout le contraire de mon propre raisonnement. Regardez mon hypothèse No 2. "Croyez-vous à l'indéterminisme ?" Regardez SVP ma réponse d'aujourd'hui à M. Brignano, sur la question des mouvements aléatoires ou non de l'univers. J'ajouterai que mon déterminisme n'est pas de ceux qui ne laissent plus de choix à l'individu. Au contraire, il nous faut mettre toutes nos forces dans ce que nous croyons, déterminisme ou pas. Jean-Pierre Burri
=================***=================
Questions de Monsieur Sauveur Brignano : Merci d'avoir répondu a mes remarques. J'ai lu vos diverses réponses ; elles me conduisent à aborder le sujet différemment. Le décalage de l'infrarouge dans les radiations lumineuses en provenance des galaxies a fait dire aux scientifiques que l'univers est probablement en expansion. Ils en ont déduit surtout que tous les objets célestes sont schématiquement sur des trajectoires convergentes en un point, celui du Big Bang qui pour l'instant est une pure déduction mathématique. Les scientifiques ont par contre observe l'existence d'antimatière. C'est, ont-ils dit, l'ensemble des antiparticules élémentaires qui, rencontrant leurs symétriques, s'annihilent en produisant de l'énergie. Ils sont ainsi partis de l'idée qu'a l'origine de l'univers il y avait un mélange tenu de particules et d'antiparticules à parts égales. Ce mélange s'est contracte d'abord par gravitation puis par réaction d'annihilation. Ces dernières réactions libérant toujours plus d'énergie jusqu'à un point critique : le Big Bang qui marque le début de l'expansion. Voilà qui fait reculer l'origine de l'univers d'un temps indéterminé, celui de la création puis de la contraction de la matière, et qui pourrait être plus long que celui de l'expansion. Ainsi on peut penser qu'un espace plus grand que celui que remplit l'univers en expansion était occupe par cet ensemble initial tenu, avant de se contracter. On en déduit en toute logique que le Big Bang ne peut être l'origine du temps et de l'espace. De plus il semble évident qu'il n'a pu naître du Néant et que l'univers ne peut non plus avancer dans le Néant. Cet univers dont la finitude dépend du signe d'un facteur K, arbitraire, qui varie au gré des astrophysiciens. Vous avez écrit : "Quand l'humanité aura réussi à retourner l'univers dans le monde réel". Pour répondre à cette phrase, il est sur que grâce à la science, les hommes évolueront dans le système solaire, mais au-delà...Les temps de parcours se comptent en millions voire en milliards d'années, même si l'on va aussi vite que la lumière. Que peut espérer l'humain qui ne vit que cent ans... Que peut faire cette pauvre humanité devant les cataclysmes qui font et qui défont les astres ? On sait que le soleil est arrive à la moitié de son existence et qu'a son terme il deviendra une géante rouge qui s'étendra jusqu'à la terre pour la cuire à 3000 degrés. Le destin de l'humanité est de toute évidence lie au destin de son dieu RA. Imaginer qu'elle pourra maîtriser l'univers est une utopie. Je n'ai pas compris qu'il pouvait y avoir plusieurs univers. L'Univers est par définition l'ensemble de tout ce qui existe ; sa composante est la particule élémentaire, toujours la même, qui, n'en déplaise à Lavoisier a été créée car elle ne peut être issue du néant. La métaphysique, dit le dictionnaire, peut être considérée comme une spéculation sur ce qui dépasse l'expérience. Ne maîtrisant pas tous ces sujets je crains de faire sourire ; mais il me semble que nous ne connaîtrons jamais le début des temps ni comment s'est créée cette matière première. Et pourtant il a existe une puissance créatrice d'une telle immensité et je suis persuade qu'elle existe encore. S'est-elle bornée à disséminer cette matière pour qu'elle évolue de façon aléatoire ? L'astrophysicien prétend que seule l'évolution aléatoire, par laquelle les imperfections se sont éliminées d'elles-mêmes, a pu conduire à la perfection que nous connaissons. Le créateur initial peut-il être matière ? Sûrement pas ; alors il est esprit. Et notre esprit... est-il une simple organisation éphémère de neurones ?
Réponse à Monsieur Sauveur Brignano : "Le Big Bang ne peut être à l'origine du temps et de l'espace." Il est théoriquement possible que le Big Bang, cet événement qui s'est passé il y a environ quinze milliards d'années, ne soit pas à l'origine de l'univers, mais qu'il y ait eu d'autres Big Bang avant lui ou tout autre phénomène d'ailleurs. Ce qui est important, c'est de savoir que, Big Bang ou pas, l'univers est fini ainsi que l'espace et le temps. Une fois qu'on a accepté ce point de vue, on est obligé d'admettre qu'à l'extérieur de l'univers notre raison est totalement impuissante. On ne peut ainsi pas dire que l'univers est né du néant. Cette notion de néant est valable dans l'univers mais pas au dehors. "Imaginer que l'humanité pourra maîtriser l'univers est une utopie." Il y a une constante dans l'histoire de l'humanité : l'acquisition de toujours plus de connaissances et l'augmentation de puissance qui en découle. Au rythme actuel des découvertes, que pourrons-nous faire dans mille ans, dans un million d'années, dans cent millions d'années ? Ce qui paraît utopique aujourd'hui semblera tout à fait normal après demain. J'admets cependant qu'il y a un rocher énorme sur la route de la conquête de l'univers et personne ne sait aujourd'hui comment le contourner. Il s'agit de la vitesse de la lumière, qui est beaucoup trop lente au niveau cosmique. Si nous ne pouvions pas dépasser cette vitesse, d'une façon ou d'une autre, alors cela voudrait dire que la quasi-totalité de l'univers nous serait pour toujours inaccessible. Je me console en me disant que nous ne sommes qu'au début de notre compréhension scientifique de l'univers. Je reste persuadé que l'humanité n'est pas là par hasard et sans but mais qu'elle a été voulue et qu'elle a une mission. J'ai tenté dans la philosophie du Big Bang d'esquisser cette mission. Sans doute à l'avenir, avec des connaissances supplémentaires, nos descendants arriveront à préciser cette mission. "Nous ne connaîtrons jamais le début des temps." Pour moi, il n'y a aucun doute que l'humanité avancera jusqu'au limites de l'univers et qu'elle connaîtra avec précision le début du temps. "La matière évolue de façon aléatoire ?" Ca dépend à quel niveau vous vous placez. L'univers est comme une grande loterie à numéros. Cette loterie a été conçue, planifiée, pour produire en moyenne un millionnaire par semaine ici en Suisse. C'est les mathématiques qui ont prévu ce résultat. Par contre elles ne disent pas qui va gagner. Ca, c'est le hasard qui le décide. L'univers, comme la loterie à numéros, semble être un ensemble de planification et de hasard. "Notre esprit est-il une simple organisation éphémère de On ne peut pas parler d'organisation simple puisque c'est la plus complexe connue à ce jour. Par contre le qualificatif d'éphémère est juste. Je vous sens un peu déçu de n'être que cela. Pour vous repompe |